Il fut un temps où le café et moi, on était un peu fâchés.
Pour être honnête, je n’aimais pas vraiment ça.
J’étais restée bloquée sur les cafés trop amers des bars, le « café de PMU » comme dit ma copine Pauline.
À l’époque, je buvais surtout du café parce que c’était la boisson la moins chère : un petit noir, noyé dans un grand verre d’eau, pour faire passer la mixture.
Puis j’ai arrêté. Le goût ne me parlait pas. Le plaisir non plus.
Et puis, il y a eu des rencontres.
D’abord, un atelier chez Cime Café, en février 2021. Une invitation. Une dégustation. Une vraie redécouverte.
Là, j’ai compris que le café pouvait être autre chose : un produit vivant, précis, artisanal, saisonnier.
Chez Cime, tout est sérieux et sensible à la fois : la torréfaction sur place, la sélection ultra fine des cafés, le lien direct avec les producteurs, le respect du travail à chaque étape.
Grégory, le torréfacteur, Q Grader certifié, nous a guidés dans un rituel de dégustation comme on le ferait pour de grands vins ou de grands cacaos.
Trois cafés. Des gestes lents. Des silences. Et même une pépite : l’Afterglow, un Geisha du Panama.
Et oui… j’ai aimé. Vraiment aimé.
Un peu avant encore, un atelier chez Espérance Café, en 2015 je crois, avait déjà semé quelque chose. (Espérance Café n’existe plus depuis quelques années, c’est Billie’s qui s’est installé à sa place)
C’est là que j’ai mis des mots sur mon goût : moi, j’aime le café en infusion.
Quand il est clair, délicat, aromatique. Quand il raconte plus qu’il ne frappe.
Je m’étais dit : « Ah… mais en fait, c’est comme ça que je l’aime, le café. »
Depuis, le café est devenu une passion. Une curiosité joyeuse. Une pratique presque méditative.
Je me suis aussi rendu compte de choses que j’ignorais totalement avant.
Par exemple : non, l’expresso n’est pas plus caféiné qu’un café filtre. Même s’il est plus noir, plus dense, plus intense en bouche. Tout est une question de temps de contact entre l’eau et le café.
25 secondes pour un expresso. Plusieurs minutes pour un filtre.
Plus l’infusion est longue, plus la caféine s’extrait.
Aujourd’hui, si je suis sensible à la caféine le soir, je sais que l’expresso est parfois plus doux qu’un filtre.
Je ne bois toujours pas l’expresso noir. Pas encore.
Mais j’y viens doucement : en affogato, en cappuccino, parfois.
Et qui sait… un jour.
Pour l’instant, je suis une inconditionnelle des méthodes douces.
Moccamaster à la maison. V60, Chemex, Aeropress.
Un Dirty Chaï de temps en temps. Un mocaccino aussi, parce que le plaisir n’a pas besoin de règles strictes.
Surtout, j’aime les lieux. Les coffee shops où l’on ralentit. Les gestes précis des baristas.
Les discussions autour d’un grain, d’une origine, d’une mouture. Les artisans torréfacteurs, les passionnés, les buveurs curieux. Ces moments de slow coffee, faits de vraie paix.
Aujourd’hui, j’aime partager ce monde-là.
Raconter le café autrement.
Mettre en lumière celles et ceux qui le font avec le cœur, la main et le temps.
Parce que le café, quand il est bon, ce n’est jamais juste une boisson.
C’est une rencontre. ☕





