Là où le café devient café : immersion chez Café Loulé à Nantes
Avant d’être une tasse, le café est un grain.
Et entre les deux, il y a une étape essentielle : la torréfaction.
J’ai été invitée chez Café Loulé, à Nantes, pour découvrir ce moment où tout se joue.
Deux heures pour voir, sentir, comprendre… et goûter autrement.
Entrer dans le café… autrement
Accueil simple et bienveillant, et un V60 entre les mains.



Avant même de parler technique, Laure et Élodie posent le cadre :
le café de spécialité, ses origines, ses process (lavé, nature, honey…).
Sur la table, des grains verts. À côté, les mêmes, torréfiés.
Premier déclic : le goût ne vient pas seulement du café… mais de ce qu’on en fait.
La torréfaction : une transformation invisible
Avant la torréfaction, le café ne sent presque pas le café.
Il est végétal, brut.
C’est la chaleur qui va révéler :
- les arômes
- la texture
- l’équilibre
Plus de 700 composés aromatiques se développent pendant cette étape, c’est fou, non ? Plus que dans le vin.
Sans torréfaction, pas de café tel qu’on le connaît.




Puis on passe à la machine.
Le tambour est chaud. On charge les grains. Et surprise : la température chute.
C’est le choc thermique.
Le grain refroidit d’abord la machine, avant que la cuisson ne démarre réellement.
Ensuite ? Le séchage :
Le grain passe du vert au jaune.
L’eau s’évapore.
Ça sent l’herbe, le foin.
Vient la réaction de Maillard :
Le grain jaunit puis brunit.
Les premiers arômes apparaissent : pain, céréales, biscuit.
C’est là que le café commence à exister.
Puis c’est la caramélisation
Le moment où les sucres se transforment.
Les notes deviennent plus rondes : caramel, fruits secs.
Oh voilà le premier crack !
Un bruit sec, puis plusieurs, comme du pop-corn.
Le grain se fissure, gonfle, libère ses gaz.
C’est le moment clé de la torréfaction.
Pendant toute la torréfaction, Laure surveille les courbes sur son ordinateur en même temps.






Une torréfaction, des profils,
Deux cafés, deux approches.
Un premier, plus “classique”, destiné aux entreprises.
Accessible, équilibré.
Un second :
Remolinos – Colombie – un Bourbon Rose, lavé
Plus précis. Plus expressif.
Même machine. Même geste. Mais pas le même résultat.
Pourquoi ? Parce que chaque café est différent :
- origine
- variété
- process
La torréfaction s’adapte au grain, pas l’inverse.
Une question de choix, pas de règle
Il n’existe pas UNE bonne torréfaction.
Il existe des choix.
Chaque café réagit différemment :
- origine
- variété
- process (lavé, nature, honey…)
- densité du grain
Un Éthiopien délicat ne se torréfie pas comme un Indonésien plus dense.
C’est ce qu’on appelle le profil de torréfaction.
Un bon torréfacteur (une torréfactrice, ici) ce n’est pas quelqu’un qui “applique une recette”
C’est quelqu’un qui :
- comprend son café vert
- observe
- ajuste
- goûte
- recommence
C’est une artisane, mais aussi une interprète.





Goûter pour comprendre : le cupping
Après la torréfaction, place à la dégustation.
Quatre cafés.
On sent, on goûte, on compare. On hésite. On revient.
Et tout ce qu’on a vu prend sens.
On perçoit :
- les différences de profils
- l’impact de la torréfaction
- les choix derrière chaque tasse
Ce que la torréfaction révèle vraiment
On a longtemps confondu :
- goût du café
- goût de la torréfaction
Un café trop torréfié uniformise. Il masque l’origine.
En café de spécialité, la torréfaction est un moyen, pas un but.
Ce que j’en retiens :
La torréfaction n’est pas une recette.
C’est :
- une lecture du grain
- une interprétation
- une prise de décision
Un équilibre entre technique et sensibilité.
Je suis repartie avec un café, (mis en sachet et étiqueté par moi-même, et j’ai choisi le Remolinos) mais surtout avec un regard différent.





Derrière chaque tasse, il y a une transformation, et une série de choix invisibles.
Merci Laure et Elodie pour l’expérience, j’ai vraiment adoré !
Si vous avez envie de tenter vous aussi cette expérience, ça se passe là : Réserver un atelier
Merci d’avoir lu jusqu’au bout.
Et n’hésitez pas à commenter et partager !
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