Coffee & lifestyle nantais

Café de spécialité, coffee shops, portraits, belles adresses, food : le blog d’une flâneuse urbaine

Je suis née en 1965, dans un monde qui croyait encore dur comme fer au progrès.

Un monde structuré, organisé, presque rassurant en apparence. Et pourtant, déjà, quelque chose travaillait en dessous : des tensions, des contradictions, une forme d’inquiétude sourde.

Je ne le savais pas encore, mais j’allais grandir là-dedans. Et pas en retrait.

Avant moi

Avant même ma naissance, il y a une histoire.

Mes grands-parents italiens ont quitté leur pays pour fuir Benito Mussolini. Ils sont venus s’installer en France. Ils n’ont pas fait que partir. Ils ont résisté. Dans l’ombre, sans bruit, risquant leur vie.
Avec ce que ça demande de courage, de choix, de renoncement aussi.

Je n’ai pas vécu ça, mais ça m’habite. Une idée simple, peut-être : on ne se plie pas à tout, on choisit, on tient.

Pendant que le monde se tendait

Dans les années 70, tout commence à bouger : le pétrole devient une crise ; le travail, une incertitude ; les rues, un espace d’expression.

Le monde s’agite, se questionne, se confronte. Et moi, je ne fais pas que regarder.

Je ressens, je prends, je vis.

Pendant que certains criaient, moi aussi

À la fin des années 70, puis dans les années 80, tout devient plus intense.

Le rock alternatif. Les concerts. Les squats.
Les nuits qui ne ressemblent à rien d’autre.

Je suis là, dans la foule, dans le bruit, dans le mouvement.

On faisait partie de “la bande” : La Raya.

Les concerts des Bérurier Noir, de Ludwig von 88…La sueur. Les pogos. Les corps serrés. La musique trop forte, et nous avec.

C’était une manière d’exister : sans filtre, sans autorisation. Une liberté vécue dans le corps.

Derrière le bar

Il y avait aussi ces nuits derrière un bar.

Une péniche café-concert à Besançon où je suis restée 2 ans : je bossais là.

À servir, à observer, à être au milieu de tout. Et puis les concerts finissaient.
Ou commençaient autrement. On refaisait le monde avec les groupes.
On buvait. On fumait. On riait. On continuait.

Il n’y avait pas de séparation, pas de rôle figé, tout circulait.

Et moi, j’étais là-dedans, heureuse.

Pendant que le monde suivait son cours

Dehors, il y avait les discours, les promesses, les désillusions.

Mais moi, j’étais ailleurs, dans quelque chose de plus direct, plus vivant, moins raconté.

Pendant que tout s’accélérait

Et puis, doucement, ça change, le monde devient plus rapide, plus efficace, plus cadré.

Ce qu’on vivait devient plus rare, et moi, sans renier tout ça, je me déplace. L’intensité reste, mais elle change de forme.

Aujourd’hui

Aujourd’hui, quand j’entre dans un café, je reconnais quelque chose : une présence, une attention, un engagement dans le geste.

Une main qui ajuste une mouture, un regard concentré, un mouvement précis.

Ça peut sembler calme. Mais moi, je sais : je sais ce que c’est que d’être entièrement là.

Ce qui a changé (et ce qui n’a pas changé)

Je n’ai pas quitté cette intensité, je l’ai déplacée. Avant, elle passait par le bruit, les nuits, les corps en mouvement.
Aujourd’hui, elle passe par les gestes, les lieux, les mots.

Mais au fond, c’est la même chose : le même refus du faux, le même besoin de liberté, le même engagement.

Ce que je fais aujourd’hui

Aujourd’hui, j’écris. Pas pour commenter le monde, mais pour en capter une autre couche.

Je raconte les gestes, les lieux, les personnes. Je mets des mots sur ce qui se vit, comme j’ai vécu moi-même.

Une autre manière d’habiter le monde

Je viens d’une histoire où l’on a résisté. J’ai grandi dans un monde où l’on criait.

Et aujourd’hui, je choisis de regarder. Pas pour me retirer, mais pour voir autrement.

Regarder à côté (mais jamais loin)

Je n’ai jamais vraiment suivi les chemins tout tracés. J’ai fait partie de la foule, j’ai crié, j’ai vécu.

Et aujourd’hui, je regarde. Pas pour m’éloigner, mais pour voir ce qui reste quand tout le reste s’agite.

Et c’est là que je trouve encore ce qui compte. Je viens d’une histoire où l’on a résisté. J’ai vécu une époque où l’on criait.

Aujourd’hui, je regarde…

Mais au fond, je n’ai jamais cessé de choisir la liberté.

Merci de me lire, n’hésitez pas à commenter et à partager si vous avez aimé

Et suivez moi sur Instagram


Laisser un commentaire