Petites bêtises et grands souvenirs d’enfance
Aujourd’hui, on laisse un peu le café de côté pour faire un petit voyage dans mes souvenirs d’enfance.
Direction le Relairoute, l’entreprise familiale où, avec mes cousines, nous passions une bonne partie de notre temps. Et où, visiblement, j’avais déjà quelques idées de bêtises ! 😅
Avec mes cousines, c’était un peu notre deuxième maison. Pendant que les adultes travaillaient, nous avions tout un terrain de jeu à notre disposition.
Derrière le bâtiment, un de mes oncles nous avait construit une cabane. Il y avait aussi des balançoires, un toboggan… Bref, de quoi occuper une petite bande de gamines pendant des heures.
Et puis il y avait nos vélos, avec leurs petites roues, qui nous permettaient de partir à l’aventure. Enfin, à l’aventure dans les limites du Relairoute, mais à cinq ou six ans, c’était déjà pas mal !



Une mort particulièrement bien jouée
Devant le Relairoute, une longue terrasse longeait le bâtiment et tournait à gauche à son extrémité. Avec deux de mes cousines, nous aimions bien y faire du vélo.
Un jour, nous voilà parties toutes les trois, pédalant à toute vitesse le long de cette terrasse. J’étais devant.
Arrivée au bout, au moment de tourner à gauche, je ne sais pas quelle idée m’est passée par la tête, mais j’ai décidé de faire une chute spectaculaire.
Et tant qu’à faire, autant ne pas s’arrêter là.
Je me suis étalée par terre et j’ai fait semblant de m’évanouir. Enfin, de mourir, carrément. Pourquoi faire les choses à moitié ?
Mes cousines se sont approchées. Au début, elles pensaient que je faisais semblant. Mais comme je restais parfaitement immobile, elles ont commencé à avoir des doutes.
Moi, je tenais mon rôle : pas un mouvement, pas un mot. Une vraie performance d’actrice.
Sauf qu’au bout d’un moment, j’ai commencé à les entendre paniquer.
« Mais elle se réveille pas ! »
« Elle est peut-être morte ! »
« Faut aller chercher les parents ! »
Et là, tout a basculé…
Parce que, voyez-vous, ce qui m’a soudain inquiétée, ce n’était pas tellement de traumatiser mes cousines. Non.
C’était surtout que si elles allaient chercher les parents, j’allais me faire engueuler !
Alors j’ai miraculeusement repris connaissance.
Une résurrection express, sans intervention médicale, uniquement motivée par la peur de me faire gronder.
Je ne me souviens plus de la réaction de mes cousines, mais je devais avoir cinq ou six ans et, manifestement, j’avais déjà quelques dispositions pour la comédie.
De l’essence ! De l’essence !
Une autre fois, toujours au Relairoute, j’avais décidé de transformer mon petit vélo en voiture.
Il faut dire que juste à côté du parking se trouvait une station-service Esso. Et forcément, à force de voir passer des voitures, j’avais dû trouver tout à fait logique que mon vélo ait lui aussi besoin de carburant.


Me voilà donc en train de pédaler comme une cinglée, en appuyant frénétiquement sur mon klaxon et en hurlant à pleins poumons :
« DE L’ESSENCE ! DE L’ESSENCE ! »
Et je recommençais, klaxon compris (pouet pouet pouet !)
Jusqu’au moment où la dame de la station-service est sortie.
Je me souviens encore de son air complètement interloqué, plantée là à me regarder.
Il faut dire qu’une gamine de cinq ou six ans, sur un petit vélo à roulettes, réclamant de l’essence avec autant d’insistance, ça ne devait pas faire partie de ses clientes habituelles.
Je ne sais pas ce qu’elle a pensé, ni même comment cette histoire s’est terminée.
Mais son regard, lui, m’est resté !


Notre petit monde à nous
Ce sont des souvenirs tout simples, des petites scènes qui me reviennent plus de cinquante ans après.
Le Relairoute, ce n’était pas seulement l’entreprise de mes grands-parents, le lieu où toute une partie de la famille travaillait. C’était aussi notre univers d’enfants.
Il y avait toujours du mouvement, des adultes occupés, des voitures, des voyageurs, et nous, au milieu de tout ça, qui inventions nos jeux et faisions nos petites bêtises.
Nous avions notre cabane, nos balançoires, notre toboggan, nos vélos et surtout une sacrée liberté.
Et quand je repense à ces deux histoires, je me dis que j’avais déjà une imagination assez débordante.
Entre mourir pour de faux et réclamer de l’essence pour mon vélo, je ne devais pas être de tout repos. Mais qu’est-ce qu’on s’amusait !
Merci de m’avoir accompagnée dans ce petit retour en enfance 😊
J’espère que ces souvenirs vous auront fait sourire autant que moi en les racontant.

