Coffee & lifestyle nantais

Café de spécialité, coffee shops, portraits, belles adresses, food : le blog d’une flâneuse urbaine

Rappel : J’ai décidé de partir sur une mini-série d’articles dont l’article principal est

Pendant que le monde faisait du bruit 

Les Nuits

La Bande

Derrière le bar

Faire du bruit

Ce qui reste


Il y a eu le bruit.

Pas seulement la musique, pas seulement les concerts.

Le bruit comme manière d’être là, de ne pas se taire, de ne surtout pas rentrer dans le rang, ah non surtout pas !


Dans ces années 80, on ne cherchait pas forcément à construire quelque chose, on cherchait à ne pas se laisser enfermer.

Dire non, refuser ce qui semblait évident, ne pas accepter les cadres sans les questionner.

Le bruit, c’était ça. Une manière d’exister sans demander l’autorisation.


Ça passait par la musique, bien sûr, les concerts, les pogos, les corps en mouvement.

Tous ces groupes comme les Lucrate Milk, les Bérurier Noir, les Ludwig von 88, les Endimanchés,…

Mais ça ne s’arrêtait pas là : le bruit débordait, dans la rue, dans les discussions, dans la manière d’être.


Le faire soi-même (DIY)

Il y avait aussi cette évidence : on ne nous attendait pas, alors on faisait nous-mêmes.

Les cheveux coupés à l’arrache, mais à notre façon.
Les vêtements transformés, customisés, rafistolés.

On bricolait notre apparence comme on bricolait nos vies, pas pour être beaux, pas pour plaire, mais pour être nous.

L’absurde

Et puis aussi, il y avait autre chose, une forme de dérision, un refus de tout prendre au sérieux.

Il nous arrivait de s’incruster dans des manifestations, pas forcément pour défendre une cause précise, mais pour détourner.

Et on criait : “Plus de crème dans les mille-feuilles !”

Complètement absurde, complètement gratuit. Mais en même temps, ça disait quelque chose.


Ne pas se laisser enfermer

Parce qu’au fond, il y avait ça, refuser d’être récupéré, refuser d’être rangé, refuser même d’être trop sérieux.

Le punk, ce n’était pas juste crier, c’était aussi faire, créer, transformer.

Ne jamais attendre que quelqu’un le fasse à notre place.


Faire du bruit, c’était physique : le corps qui pousse, qui tombe, qui se relève.

Les cris, la fatigue, les nuits trop longues….On vivait avec tout, sans filtre.


Avec le recul, je comprends.

Faire du bruit, ce n’était pas juste du désordre, c’était une manière de poser des limites. De dire : ça, non ; ça, je ne prends pas ; ça, je ne suis pas obligée

Et surtout : je peux faire autrement


Aujourd’hui, je ne fais plus ce bruit-là. Mais je n’ai pas perdu ce “faire moi-même”.


Je continue, sous une autre forme : en choisissant mes mots, je construis mon travail, je trace ma manière.


Et aujourd’hui, ça passe par ce que je fais.

Par ma manière de regarder, d’écrire, de raconter, je ne plaque pas des formats : je viens voir, je ressens, je traduis.

Comme avant avec mes mains, mes vêtements, et mes cheveux.


Je fais toujours du bruit, mais autrement, moins fort, moins visible, mais surtout pas moins libre.


Car faire du bruit, ce n’était pas juste crier. C’était apprendre à ne jamais dépendre complètement.


On coupait nos cheveux, on transformait nos vêtements, on criait dans les manifs.

Aujourd’hui, en construisant mon travail de la même manière : faire moi-même, toujours.

En y repensant, je crois que je n’ai jamais vraiment cherché à faire particulièrement du bruit, j’ai surtout cherché à être libre.

Libre de choisir mes chemins, même quand ils semblaient un peu bancals. Libre d’essayer, de me tromper, de recommencer. Libre de fabriquer plutôt que de consommer des modèles déjà prêts.

Avec les années, le volume a baissé, les cheveux ont (un peu) changé (quoique…). Les concerts se sont espacés, les cris se sont tus.

Mais il reste quelque chose de ces années-là.

Une manière de regarder le monde sans accepter les évidences, une curiosité pour celles et ceux qui font autrement. Une envie de comprendre avant de juger.

Et cette conviction que derrière chaque geste, chaque lieu, chaque personne, il y a toujours une histoire qui mérite qu’on s’y arrête.

Finalement, je n’ai peut-être jamais arrêté de faire du punk, j’ai simplement remplacé le bruit par les mots.

Cette période a façonné mon regard sur le monde. Aujourd’hui, ce regard nourrit mon écriture, pas seulement mon activité.


Merci d’avoir lu jusqu’au bout.

N’hésitez pas à commenter et partager !

Retrouvez-moi aussi sur instagram et substack


Une réponse à « Faire du bruit »

  1. Avatar de LadyButterfly

    On faisait tellement de trucs soi-même. J’ai encore des petits journaux bricolés, des cassettes enregistrées avec des fausses émissions…

    Des tas de carnets.

    Bon, bah, j’ai jamais arrêté 😉

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire